La lettre de nouvelles de l’été
Le 26 juin 2011..
Ce sera une date importante dans les annales d’Andzaha. A 8h30 précises, en ce jour de juin, les premiers coups de pioches étaient donnés sur le terrain d’Andzaha, à Sainte Marie, pour l’implantation du pôle santé de notre projet. Nous attendions ce moment depuis 6 ans et grâce à vous, à votre implication financière et à la confiance que nous témoignez depuis le début, nous avons pu concrétiser cette étape fondatrice.

Avancée de la construction du pôle de Santé mère enfant en ce début août
Depuis cette date, le chantier s’est développé de façon impressionnante, notamment avec la pose des fondations du bâtiment qui va héberger le pôle santé, le forage d’un puits pour nous permettre d’accéder à l’eau (vitale pour le chantier), la mise en place d’une digue pour protéger les futurs bâtiments des assauts de l'eau, la fabrication sur place de milliers de parpaings, l’édification du local technique, le commencement des travaux de la fosse sceptique, etc.. Andzaha, dans cette première phase, est déjà un acteur économique important dans l’île, puisque ce sont plus de 25 personnes qui s'affairent dans les différents chantiers que nous avons ouverts.

L'equipe locale d'Andzaha
Nous sommes impressionnés par l’efficacité, la motivation et l’ardeur au travail de nos collaborateurs locaux. Aujourd’hui, même si les difficultés ne manquent pas, cette intégration d’Andzaha dans le tissu local de Sainte Marie suscite une réelle adhésion de la population qui voit enfin se concrétiser le « projet » dont nous leur parlions depuis tant d’années. Le paysage du terrain d’Andzaha se transforme petit à petit et déjà, nous percevons les contours des futurs édifices qui nous aideront à mettre en œuvre notre projet social et sanitaire.

La construction du puit
Andzaha est donc officiellement entré dans sa phase opérationnelle et je tiens à remercier toutes les personnes qui ont rendu possible cette étape cruciale. Dominique ANTOINE, originaire de Lorraine, qui assure sur place le rôle de Directeur Technique ; Frédéric BILLET, un natif de Sainte Marie, qui habite sur l’île et que nous avons embauché comme chef du personnel ; mais aussi le Chef de mission Timothée HUCK qui a supervisé le lancement des travaux. Leur premier travail a consisté à identifier les personnes que nous devions embaucher pour mener à bien les phases initiales du projet : défricheurs, maçons, menuisiers, chauffeurs, aide-comptable... Ils sont les premiers visages heureux des retombées concrètes du projet d’Andzaha à Sainte Marie !Un bureau de représentation dans l’île a aussi été ouvert, ce qui nous permet d’avoir pignon sur rue et ainsi de gagner en crédibilité et en lisibilité auprès de la population et des autorités. Nous voulons aussi remercier Marc Durand et sa famille qui ont terminé leur tour du monde à Sainte Marie en passant un mois sur place pour aider aux première phases du chantier et qui nous ont fait bénéficier de leur précieuse expérience.

Les bureaux d'Andzaha à Ambodifotatra (Frédéric, Dominique et Dimby)
Des décisions très structurantes ont été prises depuis le mois de juin : choix des fournisseurs, des entreprises partenaires mais aussi optimisation des moyens de transport des tonnes de matériaux utilisés pour les constructions. Cette immersion dans la vie, les mentalités et les coutumes de Sainte Marie a permis aussi à nos équipes de France de mesurer la nécessité d'adapter localement un projet pensé jusqu'à présent à des dizaines de kilomètres de son lieu d’implantation : le contact et la confrontation avec le réel ont toujours le dernier mot et il est important, pour la pérennité d’Andzaha, que nous en tenions compte. Et nous en avons tenu compte, ce qui nous a amené à revisiter certains aspects du projet, notamment sur le plan architectural, le phasage de la construction et, bien entendu, sur la formalisation précise du cadrage budgétaire et de la stratégie de levées de fonds. Aujourd’hui, Andzaha est plus vivant et accessible que jamais et les mois qui viennent vont être déterminant pour la réalisation complète du projet.
En parallèle..
Plusieurs actions ont aussi été menées en parallèle pour enraciner ces avancées locales. Tout d’abord les réflexions que nous avons menées, en France et à Madagascar, tant sur le projet médical que sur le projet hôtelier. Notre volonté aujourd’hui est résolument de nous inscrire dans un programme de santé publique en partenariat avec le Ministère de la Santé Malgache, et plus particulièrement autour du pôle de santé mère/enfant. Les constats qui nous ont poussés à nous positionner ainsi sont les suivants :
L’offre de soins relevant de ce domaine, est peu ou pas disponible sur l’île de Sainte Marie
La mortalité et la santé maternelle et néonatale constituent une priorité pour le gouvernement malgache, soutenu par les organisations internationales
L’isolement de l’île de Sainte Marie rend le recours difficile, voir impossible, vers la grande île de Madagascar notamment pour la gestion des accouchements difficiles
La nécessité d’articuler les moyens proposés avec l’offre de soins locale déjà existante (hôpital, centres de santés, réseaux de soins traditionnels …) et de développer, autant que faire se peut, des collaborations avec les différents acteurs déjà engagés dans la prise en charge de la mère et de l’enfant
Dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), deux d’entre eux concernent la réduction de la mortalité infantile et l’amélioration de la santé maternelle
Le projet ainsi redéfini s’articulerait autour des axes suivants : La planification familiale, la grossesse, l’accouchement, le suivi post-natal de la mère et du nouveau né, la médecine pédiatrique jusqu’à 5 ans. Des contacts ont été établis avec les ministères concernés à Madagascar pour la mise en place de ce partenariat.
En ce qui concerne le projet hôtelier, nous avons travaillé cet été à Sainte Marie avec les ingénieurs de l’ISTOM pour faire le point de l’offre d’éco-tourisme que nous pourrions promouvoir au travers de l’Ecolodge. Notre volonté est là aussi de nous imprégner de la réalité locale afin d’élaborer une offre pertinente et originale qui puisse s’intégrer dans le paysage de Sainte Marie, tout en contribuant aux équilibres financiers dont nous avons absolument besoin pour faire fonctionner durablement le pôle santé. Nous avons également accueilli dans l'équipe ce mois-ci un Saint-Marien, Dimby Rafaralahimanana, qui va conduire localement le montage du programme hôtelier.
Les travaux que nous avons commencés le 21 juin dernier devraient nous permettre - à l’issue de cette première phase - de démarrer progressivement l’activité médicale ainsi que l’activité hôtelière. Pas sous forme d’un « big bang », que nous n’avons aucun moyen de réaliser, mais tout en douceur et de façon contrôlée, à la mesure des ressources humaines que nous allons engager et de nos capacités financières.
C’est aussi au mois de juillet que nous avons finalisé la dernière augmentation de capital de la SAS et qui nous a permis de lever un peu moins 50 000 €. Un grand merci à tous les nouveaux investisseurs qui nous ont rejoints et à ceux du premier tour de table qui continuent à nous honorer de leur confiance. Nous avons pu poser les premières pierres du projet grâce à vous tous.
Et demain..
Demain, c’est déjà aujourd’hui ! Vous pouvez nous aider à finaliser le projet d’Andzaha en contribuant financièrement par vos dons à l’association Andzaha Santé ou en participant à la prochaine ouverture de capital de la SAS qui aura lieu à la fin de l’année 2011. Nous avons aussi établi des contacts sérieux avec des grandes institutions, telles que l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Des dossiers de présentation d’Andzaha sont en cours d’élaboration afin de solliciter les subventions qu’ils réservent à des projets de développement durable, d’Entrepreunariat social ou sanitaire. Aujourd’hui, notre conviction est faite quant aux facteurs clefs de succès du projet d’Andzaha. Nous en avons identifiés au moins quatre : 1) Assurer une présence locale forte ; 2) Pas de promesses excessives, mais du travail et des étapes concrètes « visibles » sur place ; 3) Choisir les bons collaborateurs, à Madagascar et en Europe, qui nous accompagneront durant les 3 années à venir ; 4) Assurer la pérennité financière du projet en le mettant en œuvre par étapes successives et cohérentes.
Ce sont là les apprentissages que nous avons faits ces dernières semaines et qui vont guider tous les choix que nous ferons à l’avenir.
Gérard HOAREAU
Président






